Re-spirare
- laura.cialdoni

- 23 avr. 2025
- 2 min de lecture
Le premier acte qui nous porte dans le monde est précisément celui de respirer, emprunté du latin respirare : spirer à nouveau, souffler à nouveau. Spirer est un terme qui désigne un acte unique ; ce Re- devant change tout son sens, offrant à ce mot un rythme et une cyclicité. L’une des nombreuses cyclicités qui font partie de notre vie sur cette terre : le sommeil et l'éveil, l'acte de se nourrir et l'élimination par l'intestin, la systole et la diastole du cœur, l'ouverture et la fermeture des yeux. Heureusement, nous avons la grâce de ce re- qui nous permet, pendant un certain temps, d'avoir la bonne dose d'oxygène, d’être ainsi vivants dans le monde, à travers cet acte ondulatoire et rythmique.
Il y a en moyenne 18 actes respiratoires par minute pour un humain, environ 25920 par jour ; c’est à peu près le même chiffre que la Terre met à vivre une année platonique, c’est-à-dire le temps nécessaire à l’axe terrestre pour effectuer un tour complet relatif au mouvement de précession des équinoxes (presque 26000 ans). Dans ce sens, une de nos respirations, une de nos « montée-descente » diaphragmatiques correspond à une année de notre terre, un tour autour du soleil, une « montée-descente » des saisons. Si nous allons plus loin, nous pourrions dire que dans notre inspiration nous vivons le printemps et l’été et notre expiration correspond au decrescendo de l’automne et de l’hiver.
Nous inspirons sans même nous en rendre compte, nous inspirons, nous accueillons la nouveauté, nous agissons. Nous expirons, nous laissons tomber l'ancien. Mais avons-nous déjà essayé de prendre conscience de la manière dont nous le faisons ? Laissons-nous nous guider par le rythme naturel, comme la succession des saisons, sans intervenir ? Ou bien nous ancrons-nous dans nos rigidités, dans notre structure, notre stress de la gestion de nos journées ?
Une première prise de conscience de l'existence, à mon sens, peut aussi commencer par ici, car c'est ainsi que l'existence a commencé.
Tant de choses que nous vivons au quotidien peuvent être observées en les associant à notre respiration. Avec quelle facilité, avec quelle spontanéité ? Comment est-ce que je me laisse aller ? Ma respiration est-elle superficielle et tendue ? Ma respiration est-elle profonde et ventrale ? Est-ce que je contracte mes abdominaux comme un boxeur qui s'apprête à recevoir un coup de poing dans l'estomac ?
Partant de l'écoute de soi, je vous propose cet exercice :
· Je m'assois confortablement, avec le dos droit mais bien soutenu par un appui
· Je pose les mains sur les cuisses
· Je relâche les épaules
· Je relâche la mâchoire
· Je ferme les yeux
Je fais une pause par rapport à ce qui est à l'extérieur et je respire.
J'observe ma respiration, mon propre rythme, je ne souligne rien, je ne force rien, je n'impose rien. J’observe avec un regard qui ne parle pas et qui ne juge pas.

